Madagascar
Ravintsara, ylang-ylang, gingembre et plus encore
Notre collaboration est marquée par
des partenariats de longue date dans le monde entier.
Plantes aromatiques : poivre rose, poivre, ravintsara, gingembre, vanille, ylang-ylang, cannelle, clou de girofle, et d'autres encores.
Zone de culture : province d'Ambanja, Madagascar
Partenaire de culture depuis : 2012
Superficie cultivée : environ 20 à 30 ha
Des forêts tropicales et des paysages étranges, des lémuriens et des caméléons, des baobabs et une incroyable diversité de plantes aromatiques : notre voyage ethnobotanique nous fait découvrir un projet qui montre la voie vers la préservation de la diversité naturelle tout en permettant aux populations locales de subsister. Car même les derniers vestiges de la biodiversité de Madagascar sont menacés par la pauvreté et l'exploitation étrangère.
farfalla est partenaire d'un projet bio et équitable dans le nord de l'île, qui se distingue par son fort engagement en matière d'infrastructures, d'éducation et de soins médicaux.
« Grand Cru » : notre label réservé aux huiles bio de qualité supérieure dont l'origine se distingue par une plus-value sociale ou écologique.
Arrivée sur l'île Rouge
La voilà enfin, la Grande Île, l'île grande et rouge : à notre arrivée dans la capitale, elle se présente d'abord sous un manteau noir. Noir, le ciel du soir au-dessus de la grande ville d'Antananarivo. Noir, le smog qui nous accompagne le lendemain hors de la ville. Noirs, les champs brûlés recouvrant les plaines centrales de l'île à la place des anciennes forêts vierges, ces champs qui, selon la tradition, doivent être rendus fertiles par le brûlis. Après une courte phase de culture, la couche de terre mince et pauvre en nutriments sera érodée, laissant derrière elle la latérite rouge qui donne à l'île le surnom d'« île rouge ».
Un paradis menacé de biodiversité
Madagascar, le 6e continent, est réputé comme un paradis de la biodiversité, mais ce pays est aussi secoué par des troubles politiques et écologiques. La pauvreté menace la richesse naturelle de l'île, les forêts sont brûlées pour la riziculture et l'élevage, les arbres géants de la forêt vierge tels le bois de rose et le palissandre sont abattus pour être exportés outre-mer par des voies illégales. Qui peut se permettre de penser à la protection de la nature quand il faut nourrir sa famille ? Notre voyage ethnobotanique nous emmène dans le nord tropical et humide de l'île, où un projet prometteur montre comment biodiversité peut rimer avec durabilité à l'échelle d'une région entière en jouant sur trois leviers : un mode d'agriculture protecteur intégré aux forêts existantes (agroforesterie), une coopérative regroupant plus de 2 000 petits agriculteurs et une infrastructure misant sur l'éducation et les soins médicaux.
Bonjour vazaha !
Après un trajet d'environ vingt heures à travers les montagnes, les vallées arides et rouges et les plaines, le paysage change. La magie des couleurs ravit nos yeux : le bleu du ciel qui se reflète dans les cours d'eau ombragés de gigantesques manguiers, des caméléons chatoyants au bord de la route, les motifs colorés des vêtements des habitants. « Salut vazaha ! » (Bonjour, étrangers !), nous crie-t-on par la fenêtre, et les taches vertes se densifient pour finalement former un jardin d'Eden : nous voilà dans le microclimat du Sambirano, où la terre fume et où la chaleur humide nous enveloppe, car nous sommes déjà trop loin de la côte, où la brise marine apporte toujours un peu de fraîcheur. Non loin du canal du Mozambique, les environs de la petite ville provinciale d'Ambanja sont caractérisés par une végétation luxuriante. Ici, l'ylang-ylang expose ses fleurs parfumées jaune citron.
L'humidité tropicale et les précipitations presque quotidiennes offrent des conditions idéales pour l'agriculture, dont vivent environ 60 % de la population locale. Le cacao est la culture dominante, mais on cultive également une variété de plantes aromatiques, dont celles de notre coopérative bio Fairtrade : les huiles essentielles d'ylang ylang, de poivre rose, de ravintsara, de vétiver produites ici portent le label « Grand Cru » de la gamme farfalla. « Grand Cru » est l’Oscar farfalla réservé aux huiles bio de qualité supérieure dont l’origine se distingue par une valeur ajoutée sociale ou écologique.
Des conditions de travail privilégiées
La plantation et la récolte incombent généralement aux femmes, tandis que les hommes s'occupent du labour et des activités liées à la distillerie. Une semaine de six jours, des journées de huit heures réglementées et des salaires supérieurs à la moyenne ne sont pas les seuls avantages dont bénéficient les employés de la plantation bio : « Ce qui me plaît ici », explique Justine, cueilleuse d'ylang-ylang depuis de nombreuses années, « ce sont les meilleures conditions de travail grâce aux infrastructures – comme les toilettes et les douches ou le poste de premiers secours à proximité des zones de récolte –, mais aussi la culture participative et la possibilité de s'adresser directement à la direction pour poser des questions et obtenir des informations. »
Assistance médicale pour toute la région
Un pour cent des revenus de la coopérative sont versés dans un fonds. Cette somme a servi à financer la rénovation de l’école du village et des installations sanitaires, ainsi qu’un conseiller agricole qui forme les villageois à la riziculture biologique et contribue à augmenter les rendements des jardins familiaux. Le centre médical affilié dispense des soins médicaux aux 30 000 habitants des villages environnants. Le système fonctionne un peu comme une caisse d’assurance maladie, ce qui n’est pas courant à Madagascar : les employés versent un petit pourcentage de leur salaire pour l'assurance médicale, à laquelle ils peuvent recourir avec leurs familles en cas de besoin.
Un partenariat avec plus de 2 000 petits exploitants agricoles bio
Outre ses propres plantations biologiques et son personnel permanent, le projet comprend un important partenariat commercial : l'achat direct et équitable des récoltes d'environ 2 000 petits agriculteurs biologiques qui cultivent notamment la cannelle, la vanille ou le gingembre sur des terres souvent très isolées. Grâce à des garanties d'achat et de prix, la culture de plantes aromatiques leur assure un revenu, les protège des intermédiaires exploiteurs et leur offre ainsi une alternative à l'exportation illégale de bois précieux, à la chasse aux lémuriens ou à l'élevage lié à la culture sur brûlis.
Culture biologique mixte dans la jungle des plantes utiles
Notre visite de la plantation de poivre rose coche toutes les cases d'un rêve de biodiversité. Le Schinus terebinthifolius – connu sous le nom de baie rose et sans rapport avec le poivre noir – pousse ici. On se croirait au beau milieu de la forêt tropicale. À première vue, nous ne remarquons pas que nous ne sommes pas dans la jungle, mais au milieu d'une forêt agroforestière, pleine de plantes utiles les plus diverses qui poussent enchevêtrées : l'ylang-ylang côtoie le cacao, la mangue et les légumes, la papaye côtoie les agrumes et, au milieu de cet enchevêtrement, se dressent d'énormes poivriers brésiliens aux baies roses. Leur récolte est entièrement manuelle. Les baies roses sont ensuite triées par des groupes de femmes à l'aide d'un pinceau : un travail considérable, certifié Fair Trade, qui assure un revenu à plusieurs femmes. Une fois séchées, les baies sont distillées à la vapeur d'eau et libèrent leur huile essentielle au parfum épicé et oriental au bouquet de notes florales.
Une forêt pleine de « bonnes feuilles »
L'agronome malgache Mimi a planté 3 000 ravintsara dans le cadre du projet bio et équitable. Ravintsara signifie « bonne feuille » en malgache, et son huile essentielle est particulièrement appréciée ici contre le rhume. La jeune forêt de ravintsara doit également protéger le sol de l'érosion et compenser la destruction quotidienne d'immenses peuplements d'arbres. La forêt odorante n'est située qu'à une vingtaine de kilomètres de la distillerie, mais l'état catastrophique de la route rend le trajet pénible : il faut près d'une journée pour transporter les feuilles de ravintsara jusqu'à la plantation sur une piste cahoteuse.
Pont pour la culture
Des perspectives grâce à l'éducation : un autre aspect du projet qui nous tient particulièrement à cœur à Madagascar. Il s'agissait notamment de réparer un pont qui permet désormais aux enfants de l'école du village d'aller à l'école même pendant la saison des pluies. Lors de notre visite, nous avons été accueillis par les acclamations d'une foule d'enfants : « Merci aux amis farfalla ! » en français dans le texte.
