Italie
Bergamote

Plante aromatique : bergamote
Zone de culture : Calabre
Partenaire agricole depuis : 2013
Particularités : zone de culture traditionnelle en Calabre, passion pour l'agriculture biologique, esprit et installations modernes.

Depuis toujours, les voyages olfactifs font partie intégrante de la culture d'entreprise de farfalla. Ils permettent d'entretenir nos partenariats de longue date avec les producteurs, de voir du pays en découvrant habitants et trésors culturels, tout en nouant des liens amicaux.

Nos visites nous procurent la garantie que tous les producteurs se conforment à nos normes strictes. Notre voyage olfactif en Italie a d'abord été un véritable plaisir : après tout, l'huile essentielle de bergamote est l'une de nos favorites absolues.

Visuellement, cette dame capricieuse ne se distingue guère de sa cousine très appréciée, le citron. Mais si vous souhaitez déguster la bergamote pure, préparez-vous à son goût amer : ici, la beauté ne vient pas de l'intérieur, mais de l'écorce. C'est de l'écorce de bergamote en effet que l'on tire le si célèbre thé Earl Grey, la légendaire Eau de Cologne, et enfin l'incomparable huile essentielle de bergamote.

Après un été caniculaire, la fin de l'automne nous attire en Calabre, où la bergamote, reine des agrumes, est récoltée à partir de novembre. En effet, la bergamote est un fruit très particulier qui ne pousse que dans des conditions très exceptionnelles.

Les Calabrais prétendent,
qu'il ne prospère que dans les endroits
d'où l'on peut voir l'Etna.

Effectivement, un coup d'œil sur une carte des zones de culture confirme cette rumeur. Les bergamotiers poussent presque exclusivement sur une bande de terre de 150 km de long sur la côte ionienne – qui s'étend de Villa Giovanni à Monasterace, dans la province de Reggio de Calabre. Les tentatives de l'implanter ailleurs furent nombreuses (au Brésil, en Israël, en Australie, voire en Afrique du Sud), parfois même fructueuses. Cependant, l'huile essentielle n'obtient jamais sa richesse d'origine – issue de 350 composants chimiques environ –, et la qualité de son parfum souffre considérablement de ces pertes. Alors que nous nous promenons dans la magnifique plantation de bergamotes de notre partenaire agricole, avec vue sur l'Etna enneigé et une brise marine salée sur les lèvres, nous ressentons la particularité de ce microclimat. Giorgio, agriculteur, nous explique que le bergamotier aime les sols alluviaux et argileux, particulièrement riches en sels minéraux. En revanche, il ne supporte pas les chocs thermiques. Les brises marines constantes aident à lutter contre les infections fongiques. Et il lui faut du soleil, du soleil, encore du soleil.

Les origines botaniques de la bergamote sont un mystère et font l'objet d'innombrables histoires : certaines théories scientifiques affirment qu'elle proviendrait de Chine, d'autres de la Barbade (comme son cousin le pamplemousse), d'autres encore la situent en Grèce, en Espagne, aux Canaries... Tout ce que l'on sait, c'est que cette espèce a été décrite tardivement, à la fin du XVIIe siècle, et que les premières plantations de bergamote, les « bergamotteti », sont apparues au milieu du siècle suivant. La production du « fruit doré » était presque exclusivement consacrée à la fabrication de l'eau de Cologne, dont la bergamote est l'un des principaux ingrédients. L'invention du thé Earl Grey, selon une légende non confirmée, serait toutefois le fruit du hasard : lors d'une tempête en haute mer, la cargaison composée d'huile de bergamote et de thé aurait été tellement secouée que l'huile se serait répandue sur le thé noir. À son arrivée à Londres, Lord Grey aurait ordonné de goûter le thé souillé avant de le jeter...

Retour en Calabre : lors de notre visite, nous remarquons à quel point ce parfum est ancré dans la vie quotidienne locale. Pour les Calabrais, il est tout simplement garant de bonne humeur. Giorgio raconte que son grand-père lui a appris à toujours avoir un morceau de bergamote dans sa poche, qu'il travaille dans les champs ou soit en congé. Quand il la respire de temps à autre, son humeur s'améliore, tout comme ses performances. C'est scientifiquement prouvé : l'huile essentielle de bergamote contient de nombreux principes actifs, dont certains réduisent le stress et l'anxiété.

Outre ses bienfaits pour l'esprit, on apprécie également ses vertus physiques. Les ouvriers chargés de la récolte et de la transformation des fruits en font l'expérience chaque jour : les petites blessures ne s'infectent presque jamais et guérissent plus rapidement. Pas étonnant que la bergamote ait également trouvé sa place dans la médecine traditionnelle.

Dans la salle où l'huile essentielle est extraite des fruits mûrs, le parfum intense, fruité, épicé et sucré nous enveloppe comme une généreuse « mamma » italienne.

Comme pour tous les agrumes, l'huile essentielle est extraite de l'écorce par un processus de pression à froid. La machine ressemble à un gigantesque presse-orange. La première extraction de Citrus bergamia s'effectue par pression manuelle du fruit, l'huile étant absorbée par une éponge naturelle. On imagine alors le travail nécessaire pour obtenir un kilogramme d'essence : il faut environ 200 kg de fruits.

Tous les producteurs de bergamote travaillent dur pour préserver cette plante qui était autrefois le pilier de leur économie. « Autrefois, deux litres d'essence permettaient d'acheter une Fiat 500, et il suffisait de jeter un œil à l'arbre en fleurs pour estimer la valeur du prochain cadeau à offrir à sa femme ou rêver d'embellir sa propriété. »

L'industrie chimique a sonné le glas de tout cela, mais les habitants se battent pour faire renaître la culture de la bergamote. Et l'Italie ne serait pas l'Italie si la gastronomie ne contribuait pas à cette préservation. Car après tout, la bergamote nous séduit encore et toujours en tant que délice culinaire, sous forme de biscuits, gâteaux, confitures et autres liqueurs... L'Italie sans sa cuisine divine, la Calabre sans bergamote, c'est inimaginable !

« Viva il Bergamotto, la sua terra et le sue genti ! »